le thym, mon ami de l’hiver

Pour les désordres gastro-intestinaux ou les infections bronchiques, les immunités défaillantes comme les problèmes ORL, le thym est un antibiotique naturel et le compagnon idéal de l’hiver. Utilisé frais ou sec dans l’alimentation comme en tisane, ou bien sous forme d’huile essentielle pour son caractère antiseptique, ce condiment utilisé depuis l’Antiquité démontre chaque jour son incroyable polyvalence. 


Si le thym compte plus de 100 variétés différentes, c’est Thymus vulgaris (qui comprend lui-même 7 chémotypes différents) qui est le plus utilisé de nos jours. Moins connu et plus rare, mais aussi plus puissant sur certains registres, le thym saturéoïde se décline le plus souvent en huile essentielle.

Un désinfectant reconnu

Comme souvent avec les simples, la science officielle n’a pas (ou peu) daigné conduire de recherche spécifique sur les vertus du thym, mais la pratique historique dans de nombreux pays et les savoirs convergents de nombreux experts ont conduit à reconnaître certains de ses usages médicinaux traditionnels.

 L’OMS mentionne les usages du thym pour traiter la dyspepsie et autres troubles gastro-intestinaux, mais aussi la laryngite et l’amygdalite.

Cuisinez aux antioxydants

On entend souvent parler des bienfaits des épices, notamment pour leurs vertus antioxydantes. C’est aussi le cas des fines herbes, et du thym en particulier. Les antioxydants sont ces composés qui neutralisent les radicaux libres, molécules instables et très réactives que la science rend responsables de la plupart des maladies dues au vieillissement, cancers et cardiopathies en tête. Les évaluations ont permis de constater que certaines fines herbes comme le thym, mais aussi le romarin, ont un pouvoir antioxydant supérieur à la plupart des fruits et légumes.

Évidemment, l’idéal est de pouvoir en disposer sous sa forme fraîche. Hélas, ce privilège est réservé aux régions du sud, et pour aller le cueillir, encore faut-il accepter de courir la garrigue, et tôt le matin afin de profiter de la teneur maximale en huile essentielle. À moins d’en avoir quelques pieds dans l’allée devant sa maison… Sinon, on trouve le thym séché partout, entier ou en poudre. Il accompagne merveilleusement les œufs brouillés et les omelettes, les pommes de terre, les poêlées de légumes, mais aussi les marinades, qu’il protège de surcroît grâce à son pouvoir bactéricide. Le thym est bien sûr l’un des piliers du célèbre bouquet garni, indispensable dans la préparation d’un bon pot-au-feu, de ragoûts et nombre d’autres plats mijotés, dans lesquels il se marie avec bonheur à l’ail, aux olives ou aux sauces à base de vin.

Les légumes du sud  ̶  tomate, aubergine, courgette  ̶   ainsi que les volailles, les poissons, le gibier ou encore le mouton sont tous magnifiés par le parfum incomparable du thym. Même certains fromages, notamment ceux de chèvre, tirent grand profit à être associé au thym. Vous pouvez facilement confectionner aussi une huile, un vinaigre au thym.

Le thym pour la digestion et les voies respiratoires

Sans être une panacée, le thym a néanmoins de nombreuses applications, dont certaines assez puissantes. Autrefois utilisé aussi bien contre le hoquet que les morsures de serpent, il est principalement reconnu pour deux spectres d’action majeurs : ses vertus digestives et son rôle d’antiseptique et d’antibiotique naturel. Pour en profiter, rien de plus simple : une bonne tisane (2 cuillères à café de thym pour une tasse, à faire infuser cinq minutes), agrémentée du jus d’un demi-citron et de miel de thym !

Sur le plan digestif, le thym excelle à « remettre de l’ordre » dans le troubles intestinaux, notamment grâce à ses principes amers. Antispasmodique, il calme et rééquilibre rapidement le système nerveux entérique, et traite efficacement les digestions lentes, les ballonnements, les éructations et autres flatulences. Une infusion de thym stimulera la vésicule paresseuse et aidera à désengorger le foie. Ses vertus antifongiques et antimicrobiennes permettent aussi de garder sous contrôle les mauvais éléments de la flore intestinale, y compris le tristement célèbre Helicobacter Pylori, souvent responsables d’ulcères de l’estomac.

Ces mêmes vertus en font un très bon agent assainissant de la sphère ORL et des bronches. A prendre d’urgence en cas de laryngite, rhinite sinusite, , bronchite, toux… Le thym est souvent aussi d’un grand secours pour les asthmatiques, chez qui il aide à dégager les voies respiratoires et à calmer les quintes de toux. Dans ces cas de figure, quelques fois urgents, avoir un sirop de thym sous la main est plus pratique que de devoir faire une tisane. Et si vous le faisiez vous-même ?

La marche à suivre est un peu différente selon que vous disposiez de thym frais ou seulement de thym séché. Avec le thym frais, utilisez un bocal type « Le Parfait » ; faites une première couche de thym frais sur le fond (2 ou 3 brins devraient faire l’affaire), recouvrez d’une couche de sucre brut, faites un deuxième étage de brins de thym, recouvert à nouveau de sucre brut. Fermez hermétiquement et laissez tel quel 48 heures. Puis ajoutez de l’eau jusqu’à mi-hauteur de vos couches et passez au bain-marie pendant une bonne heure. Si nécessaire, évaporez par frémissement jusqu’àthym-bienfaits-vertu la consistance désirée. Filtrez et embouteillez. Avec du thym séché, il suffit de faire frémir de l’eau, d’y plonger le thym et le laisser macérer pendant 24 heures, puis de compléter ensuite avec du miel (de thym !) jusqu’à la consistance désirée. On peut ajouter dans les deux cas un ou deux jus de citron.

Et l’immunité alors ?

Le nom latin du thym, Thymus, désigne aussi une glande endocrine essentielle à l’immunité chez l’homme. Le thymus est situé au beau milieu de la poitrine, et curieusement, cet organe atteint son activité et sa taille maximales au cours de la puberté, avant de régresser à l’âge adulte. Il semblerait que le thymus soit un élément clé de la maturation du système immunitaire chez l’enfant.